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Caractérisation des fluctuations de nappe dans les aquifères superficiels en zon
Posté le 17 décembre 2003 à 21:28:02 CET par admin

Hydrogéologie (général) Anonymous a écrit : "Raymond MALOU*, & Fatou DIOP NGOM*
* Département de Géologie, Faculté des sciences & techniques, Université Cheikh Anta Diop, BP 5005, Dakar Sénégal

RESUME
En Basse Casamance (sud-s?n?gal), une ?tude du bilan hydrologique global a ?t? men?e ? l??chelle d?un bassin versant repr?sentatif (le bassin versant de Ba?la) afin de d?finir le mode des transferts hydriques entre les nappes phr?atiques et ses d?pendances hydriques. Cette ?tude a permis de mettre en ?vidance la pr?dominance de transferts hydriques verticaux qui s?effectuent au d?triment de l??coulement lat?ral des nappes. Ces flux hydriques sont descendant pendant la saison pluvieuse, o? l?on note une forte recharge des nappes phr?atiques, puis ascendants pendant la saison s?che, o? ces nappes se d?chargent. Les processus de recharge et de d?charge successifs se traduisent par une courbe d??volution saisonni?re des niveaux phr?atiques et d?finissent l?hydrodynamique des nappes d?eau sous contrainte climatique. Cette contrainte climatique est fonction de la profondeur du r?servoir aquif?re, forte sous les terrasses marines, o? la profondeur de la nappe est faible (moins de 15 m?tres), faible sous le plateau, o? la nappe est plus profonde (plus de 15 m de profondeur). La tendance ?volutive ? long terme du niveau phr?atique est fonction de l?importance relative de ces fonctions de recharge et de d?charge. Elle est actuellement ? baisse compte tenu de la pr?dominance du flux ascendant. En Basse Casamance, cette baisse est de l?ordre de 30 ? 50 cm par an malgr?s une pluviom?trie annuelle voisine de 1000 mm. Elle risque, ? long terme, d??puiser les nappes phr?atiques qui jouent un r?le de tout premier plan dans l?hydraulique villageoise.
Mots-cl?s: aquif?res superficielles; nappe phr?atique; transferts hydriques; infiltration efficace; ?vapotranspiration; fluctuations saisonni?res; tendance ? la baisse; Basse Casamance; bassin versant de Ba?la.
ABSTRACT
In the arid and semi-arid zones, the effective recharge of the is undebtfully the most difficult parameter to estimate: evapotranspiration happens during and after the seasonal recharge, so that effective infiltration which is supposed to participate to the regional groundwater flow does not account entirely to this later. Evaporation is thus a key parameter for calculating groundwater hydrological balance. In lower Casamance (South of S?n?gal), the hydrological balance carried out in a representative hydrological basin has led to define this hydrous transfer mode under extreme climatic conditions. Results show: - beneath the marine terrace, where water table is shallow (less than 15 m depth), changes in static level are seasonal. They showed an affective recharge which occurs during the rainy season, followed by an uptake during the dry season. This uptake is due mainly, if lateral drainance doesn?t occur, by direct evaporation from the aquifer. In terms of global hydrological balance, the aquifer is seasonnally replenished but uptake by evapotranspiration could occur up to depletion of the seasonal recharge; - beneath the Continental Terminal plateau where the reservoir is less permeable and the water table is deep (more than 15 m), the continuous decline of the statique level indicated a continuous discharge of the aquifer. This phenomenon has led, during the period 1970 - 1990, to a sharp decline of about 40 to 50 cm per year and therefore in long term basis will threatened the reservoir. Key words: hydrous transfer, effective infiltration, evapotranspiration, seasonal fluctuations.



INTRODUCTION
En zones arides et semi-arides, la recharge effective des nappes d?eau souterraine est sans aucun doute l?un des param?tres les plus difficiles ? estimer: l??vapotranspiration s?effectue pendant et apr?s la recharge saisonni?re, de sorte que l?infiltration efficace, suppos?e acquise ? l??coulement souterrain ne profite plus enti?rement ? celui-ci: le param?tre ?vaporation tient, de ce fait, une place non n?gligeable, voire pr?pond?rante dans le bilan hydrologique des nappes d?eau souterraine. En Basse Casamance, la nappe phr?atique est contenue dans les formations superficielles du Continental Terminal et du Quaternaire entre 0 et 30 m?tres de profondeur. Elle est ainsi exploit?e au moyen de puits traditionnels et joue un r?le important dans l?hydraulique villageoise. Depuis trente ans, le niveau de cette nappe est en baisse continue et le r?seau hydrographique, nagu?re bien d?velopp?, est en nette r?gression, ne fonctionnant que pendant la saison humide au cours de laquelle il draine les eaux de ruissellement. Ce d?ficit hydrique important a engendr?, particuli?rement en milieu rural, des difficult?s d?approvisionnement en eau douce et de gestion du terroir de plus en plus aigu?s. L??tude des interactions Eaux de surface/Eaux souterraines a ?t? envisag?e, dans cette r?gion, afin de bien appr?hender les m?canismes de cet important d?ficit hydrique. Elle a eu, pour cadre, le bassin versant du marigot de Ba?la, non encore soumis aux pressions anthropiques des grands am?nagements. L??tude de la vall?e de Ba?la remonte ? 1979. Elle s?est poursuivie jusqu?en 1992 gr?ce ? une juxtaposition de programmes de recherche: de 1979 ? 1980 l??tude de la dite vall?e a ?t? demand?e par le gouvernement s?n?galais au titre du projet d?am?nagement intitul? Projet d?Am?nagement de la Vall?e de Ba?la en Basse Casamance. Cette ?tude avait ?t? confi?e ? la soci?t? Louis Berger International qui en a confi? la partie hydrologique ? l?ORSTOM (Galaire, 1980); de 1980 ? 1986 l?ORSTOM a poursuivi cette ?tude hydrologique au titre d?un programme de recherche propre (Olivry et Dacosta, 1984) et de 1987 ? 1992 ce programme s?est enrichi du volet hydrog?ologique (Saos et al, 1987; Dacosta 1989; Malou, 1989; Malou et al, 1991; Malou, 1992) dont les r?sultats ont permis de mieux appr?hender l?impact de la p?joration climatique actuelle sur les ressources en eau des petits bassins versants en zones climatiques d?ficitaires.

MATERIEL ET METHODES CADRE GEOGRAPHIQUE ET CLIMATOLOGIQUE
Cette ?tude a eu pour cadre le bassin versant du marigot de Ba?la (fig. 1) en Basse Casamance. Ce bassin couvre une superficie de 1634 km2 entre 12?47 et 13?13 de latitude nord et 15?55 et 16?32 de longitude ouest. Le climat est de type tropical humide avec deux saisons bien marqu?es: une saison de pluies (de juin ? octobre) et une saison s?che (de novembre ? mai). La moyenne pluviom?trique annuelle qui ?tait de 1500 mm au cours de la p?riode normale 1945-1968 a chut? depuis 1968 et n?est gu?re que de 1100 mm (s?rie s?che 1969-1992). La temp?rature moyenne est de 28 ?C et l?humidit? relative demeure sup?rieure ? 50 %, toute l?ann?e. Le potentiel ?vapotranspiratoire y est, par contre tr?s ?lev?, proche de 2000 mm par an. FIGURE 1: cadre naturel du bassin de Ba?la en Basse Casamance

CADRE GEOLOGIQUE ET GEOMORPHOLOGIQUE
Au plan g?ologique le bassin de la Casamance, fait partie int?grante du grand bassin s?n?galo-mauritanien qui a subit une longue histoire s?dimentaire du Jurassique au Quaternaire. Sur les d?p?ts mioc?nes, atteints par les forages p?troliers, des gr?s bariol?s inter-stratifi?s de couches d?argiles, constituent la s?rie d?tritique du Continental Terminal. Cette s?rie a ?t? model?e en glacis au cours d?une p?riode aride il y a un demi-million d?ann?es (Michel, 1973; Galaire, 1980). Elle pr?sente actuellement un relief mollement ondul?, d?finissant plusieurs unit?s morphologiques (fig.2) dont d?pendent fortement l?hydrologie et l?hydrog?ologie de la r?gion. Tout en haut de la s?rie (entre 30 et 20 m d?altitude) se trouve les reliques du plateau initial, constitu?e par des sables rouges du Continental Terminal, reposant sur un niveau lat?ritique indur?. A la suite de ce premier niveau (entre 20 et 5 m d?altitude) se trouvent plusieurs niveaux sableux, sous forme de terrasses embo?t?es r?sultant des nombreux mouvements de transgressions et r?gressions marines, survenus au cours du Quaternaire. Au bas de la s?rie, au-dessous des 5 m, se trouve le niveau argileux et limoneux constituant le bas-fond. Elle est compos?e de vases noires argileuses et constitue un milieu aquatique (inond? ou inondable) par la mar?e et les eaux de ruissellement pendant l?hivernage. Elle est occup?e par un peuplement de pal?tuviers formant un ?cosyst?me particulier (la mangrove) derri?re lequel se d?veloppent, ? la faveur de la sursalure et de la sulfatation acide (Marius, 1985) des surfaces nues, appel?es tannes, mieux exploit?es par une v?g?tation herbac?e, halophyte, dispos?e en touffes. Le complexe g?omorphologique (fig. 2), ci-dessus d?crit, constitue le r?servoir de la nappe phr?atique concern?e par cette ?tude. Figure 2: esquisse g?omorphologique de la moyenne vall?e de Ba?la

METHODOLOGIE
L??tude du mode de transfert hydrique dans la vall?e de Ba?la a ?t? abord?e par une double approche, hydrologique et hydrog?ologique. APPROCHE HYDROLOGIQUE L?hydrologie du bassin de Ba?la a ?t? ?tudi?e de 1979 ? 1988. Les observations ont ?t? men?es ? partir de cinq stations limnigraphiques install?es d?amont en aval du marigot. Compte tenu de la forte remont?e marine, une seule de ces stations, celle de Toukara situ?e en amont du bassin, ?chappe ? l?invasion marine. L?analyse de l??coulement du bassin n?a, de ce fait, ?t? possible que pour le bassin amont, contr?l? par cette derni?re station ?quip?e d?un limnigraphe AUTT X. Cette station a fonctionn? de 1979 ? 1988, exception faite de l?ann?e 1984 o? l?appareil est tomb? en panne. Des jaugeages au micromoulinet ? la perche y ont ?t? effectu?s et ont permis de traduire les cotes enregistr?es en d?bits. APPROCHE HYDROGEOLOGIQUE L??tude hydrog?ologique de la vall?e de Ba?la a ?t? effectu?e dans le temps et dans l?espace. De 1987 ? 1990 la profondeur de l?eau a ?t? mesur?e gr?ce ? un r?seau de puits villageois, choisis en rive gauche de la vall?e. Ce niveau a ?t? mesur? ? la sonde ?lectrique par rapport ? la surface du sol dont la cote IGN est connue gr?ce ? nivellement de l?ensemble des ouvrages. Ceci a permis de d?duire la charge pi?zom?trique ? tous les points de mesure et ainsi de proc?der ? l?analyse morphologie et hydrodynamique de la nappe.

RESULTATS OBTENUS
? L??coulement de surface La traduction des cotes enregistr?es en d?bits, ? la station de Toukara, ? permis de tracer l?hydrogramme du marigot de Ba?la. Cet hydrogramme r?v?le (fig. 3), une faible productivit? du bassin. L??coulement est de type saisonnier, caract?ristique des zones climatiques d?ficitaires (Aranyossy et al 1989) se manifestant par des crues ponctuelles, au cours de la saison pluvieuse (entre les mois d?ao?t et de septembre). Les lames d?eau ?coul?es (tableau I), d?duites de l?analyse de ces crues, mettent en ?vidence cette faible productivit? du bassin: de 1979 ? 1986l??coulement repr?sente (de l?ordre de 0.15 %) sauf au cours de la s?quence 1985/1988 qui a donn? l?espoir d?un retour ? une pluviosit? normale (Malou, 1988; Malou et al, 1991). L?effet de persistance, c?est ? dire le poids des ann?es ant?rieures sur l??coulement des ann?es ult?rieures, appara?t ici de mani?re bien nette malgr? une forte variabilit? interannuelle des pr?cipitations. Ainsi le d?ficit hydrologique observ? de 1979 ? 1985 est sans aucun doute li? ? la succession d?ann?es particuli?rement s?ches alors qu?? l?oppos?e, de 1985 ? 1988 o? la tendance pluviom?trique est ascendante on note un regain de l??coulement de la vall?e. Figure 3: hydrogramme du marigot de Ba?la ? Toukara Ann?es 1979 1980 1981 1982 1983 1984 1985 1986 1987 1988 Lp (mm) 707 516 805 955 564 573 918 924 938 1290 Le (mm) 1.260 0.108 1.830 2.700 0.242 - 0.358 2.531 33 64 K (%) 0.178 0.021 0.227 0.283 0.043 - 0.039 0.274 3.518 4.961 De (%) 99.97 99.97 99.77 99.71 99.95 - 99.96 99.72 96.48 95.03 Tableau I. Bilan hydrologique du bassin de Ba?la de 1979 ? 1988: De = d?ficit d??coulement; Ke: coefficient d??coulement; Le = lame ?coul?e; Lp = lame pr?cipit?e; Table I. Hydrologic balance of Ba?la basin from 1979 to 1988: De= run off shortage in mm Ke: runoff cofficient; Le= run-off in mm; Lp= rainwater quantity; ? L??coulement souterrain La nappe d?eau souterraine est contenue dans les diff?rentes formations pr?c?demment d?crites dans la g?omorphologie. Il s?agit notamment: - des sables rouges du plateau, - des sables beiges de la haute terrasse, - des sables blancs de la basse terrasse, - de la couche lat?ritique de la base des sables rouges (? la faveur d?une porosit? fissurale). Cette nappe est libre et aquif?re a pour substratum imperm?able la formation des argiles jaunes. Les vases noires, qui reposent directement sur ce substratum imperm?able, constituent lat?ralement une limite ?tanche au niveau des bas-fonds. Les caract?ristiques hydrodynamiques de ces formations sont, dans l?ensemble, m?diocres: les transmissivit?s sont de l?ordre 10-4 m?/s (pour les sables marins) et de 10-5 m?/s (pour les sables du Continental Terminal); la porosit? efficace varie de 15 % (dans les terrasses marines) ? 10 %, respectivement dans les sables des terrasses marines et sables rouges du Continental Terminal. L?observation pi?zom?trique est effectu?e de 1987 ? 1990, sur un r?seau de 33 puits villageois r?partis en rive gauche du marigot de Ba?la. Elle montre (Malou, 1992) que la nappe phr?atique se trouve entre quelques centim?tres (sous la basse terrasse) et plus de 20 m?tres, sous le plateau du Continental Terminal (fig. 4). La pente hydraulique, faible (0.5 ? 2 %), sous le plateau et les terrasses marines, est forte (4.5 ? 5 %) sous les versants, en zone de profondeur interm?diaire. Le profil pi?zom?trique est de ce fait complexe: parabolique sous le plateau et dans sa zone d?grad?e; hyperbolique sous les terrasses marines et la surface pi?zom?trique pr?sente un aspect tr?s persill?, avec plusieurs unit?s d??coulement radial, divergeant ? partir des lignes d?interfluves (constitu?es par le plateau) et convergeant sur les bas-fonds qui en constituent les axes de drainage apparents (fig. 5). Figure 4: comparaison des morphologies topographique et pi?zom?trique dans le bassin de Ba?la (Malou, 1992) Figure 6: mise en ?vidence des diff?rentes variations du niveau des nappes phr?atiques en Basse Casamance Figure 5: pi?zom?trie de la nappe phr?atique dans le bassin de Ba?la (Malou, 1992) L?observation pi?zom?trique du bassin sur trois cycles hydrologiques (1987/1991) a servi ? l?analyse de la s?rie chronologique. Les chronogrammes obtenus montrent (fig.6 a, b et c) trois types de variations du stock d?eau souterraine: * des fluctuations journali?res A l??chelle journali?re le niveau des puits (fig.6 a) est affect? par des variations ponctuelles du niveau de l?eau. Cette r?ponse instantan?e de la nappe ? l?exploitation de l?ouvrage se traduit par une onde de variation journali?re, irr?guli?re et dissym?trique, se d?veloppant entre deux valeurs caract?ristiques des activit?s m?nag?res: - un maximum absolu (Ma), niveau atteint au matin avant le d?marrage des activit?s m?nag?res, - un minimum absolu (ma), atteint en fin d?apr?s-midi, ? la fin de ces activit?s. Il se d?finit ainsi deux phases de variation du stock d?eau souterraine: une phase de rabattement pi?zom?trique, lente et discontinue, au cours de la journ?e (entre 7H00 et 18H00), correspondant au c?ne de rabattement d? ? l?exploitation de l?ouvrage. une phase de remont?e, plus rapide et tr?s r?guli?re, pendant la nuit (entre 18H00 et 7H00) alors que la nappe est au repos. L?arr?t ou la r?duction momentan?s des activit?s m?nag?res en mi-journ?e (entre 12H00 et 17H00), fait appara?tre un maximum et un minimum relatifs (Mr. et mr.) dans la phase descendante de l?onde journali?re qui prend ainsi l?allure d?une courbe bimodale. Ces variations journali?res sont fonction de l?intensit? d?exploitation de l?ouvrage ainsi que de l??tat hydraulique de la nappe (plus importantes pendant la p?riode d??tiage que pendant la crue des eaux souterraines). L?amplitude du rabattement est de 5 ? 10 cm et pourrait impliquer un d?stockage de l?ordre de 5 ? 15 mm par jour si l?on tient compte de la porosit? efficace de 10 % (retenue pour les sables rouges de plateau). Ces sollicitations ponctuelles de la nappe par des m?thodes traditionnelles, demeurent faibles, et donc n?gligeables par rapport aux mouvements saisonniers dont la r?sultante semble d?terminer la tendance annuelle de la ressource en eau souterraine. * des fluctuations saisonni?res A l??chelle annuelle, les variations journali?res sont liss?es et laissent appara?tre des oscillations de plus grande p?riode et de plus grande amplitude. Ainsi, dans l'?volution du niveau statique s'individualisent deux phases de variation du stock hydrog?ologique: - une remont?e rapide du niveau statique pendant la saison humide (de juin/juillet ? novembre/d?cembre), - une baisse r?guli?re de ce niveau au cours de la saison s?che (de novembre/d?cembre ? juin/juillet). L?hydrogramme des puits pr?sente, de ce fait, une allure sinuso?dale se d?veloppant sur un cycle annuel (12 mois) et se r?p?tant de mani?re, ? peu pr?s identique d'un cycle hydrologique ? l'autre. Les deux phases de variation (ascendante et descendante) du niveau statique marquent deux processus importants des transferts hydriques: le stockage et le d?stockage successifs de l?eau pluviale dans les formations aquif?res, donnant lieu ? de v?ritables p?riodes de crue et d'?tiage des eaux souterraines (Malou & al, 1991 a). Ainsi ? l??chelle d?un cycle hydrologique (pris entre deux ?tiages), la nappe phr?atique se recharge et se d?charge successivement au rythme des saisons. L?importance relative de ces deux phases d?termine, en fin de cycle, le bilan hydrologique de la nappe. Un enregistrement limnigraphique d?un puits, situ? en terrasse marine, a permis de d?finir avec pr?cision ces phases d??volution (fig. 6) et d??tablir le bilan hydrologique de la nappe de 1988 ? 1991 (tableau II). On note sur ce tableau une pr?pond?rance de la d?charge annuelle, dont le cumul atteint 310 mm en trois cycle hydrologiques. Ceci correspond, compte tenu d?une porosit? matricielle de 10 %, retenue pour ces formations, ? une baisse du niveau phr?atique d?environ 3 m au cours des trois ann?es d?observation. Ann?es Re (mm) D? (mm) Bh (mm) 1988/1989 624 685 -61 1989/1990 501 543 -42 1990/1991 422 629 -207 Tabl. II: Bilan hydraulique de la nappe phr?atique: Bh = Bilan hydrologique; D? = D?charge saisonni?re; Re = Recharge saisonni?re; Table I: Hydraulic balance of the aquifer system: Bh: hydraulic balance. De: seasonal discharge; Re: seasonal recharge; * une tendance annuelle ? la baisse A l'?chelle annuelle la comparaison du niveau statique de 1970 ? ceux des ann?es ult?rieures (1971,1987, 1988, 1989, 1990), r?v?le une tendance, bien nette, ? l??puisement de la ressource hydrog?ologique. Cette tendance rev?t, au cours de la p?riode 1970/1990, l?allures d?une tendance lin?aire de la forme: y = a . t + b o? (t) est le temps en ann?es; (a) la pente de la droite et (b) l?ordonn?e ? l?origine. Cette tendance (fig. 7) se d?finit d?autant mieux que la nappe est plus profonde. Ainsi elle est: - mal d?finie sous les terrasses marines (entre 0 et 10 m) o? le taux de progression annuel (a) est faible (0,2 %), - assez bien d?finie sous les versants, zone de profondeur interm?diaire (entre 10 et 15 m), o? le taux de progression annuelle (a) atteint 20 %, - bien d?finie sous le plateau (au del? des 15 m de profondeur), o? ce taux est de 40 ? 50 %, Ainsi au cours de la s?quence 1970/1990, la baisse du niveau phr?atique est de l'ordre de 8 ? 10 m sous le plateau ''stricto sensu''; de 4 ? 5 m sous le versant de plateau; n?gligeable sous les terrasses marines o? l?infiltration annuelle parvient encore ? compenser les pertes, essentiellement ?vapotranspiratoires, de la nappe.

CONCLUSION, DISCUSSION GENERALE
Au cours de cette ?tude nous avons proc?d? ? l?analyse hydrologique globale d?un petit bassin versant par un suivi simultan? des niveaux d?eau dans le marigot et dans la nappe phr?atique. Les r?sultats de l??tude hydrologique de surface, effectu?e par un contr?le limnigraphique ? la station aval (celle de Toukara), non affect?e par la mar?e, font ?tat d?un drainage lat?ral faible ? nul (Fig. 3). Les lames ?coul?es (Tab. I) repr?sentent moins de 1 % des lames pr?cipit?es et le d?ficit d??coulement est sup?rieur ? 95 %. L?analyse qualitative des diff?rents hydrogrammes du marigot ? cette station, illustre ?loquemment ce caract?re saisonnier de l??coulement, limit? aux seuls mois (d?ao?t et de septembre) d?abondance pluviom?trique. La nature unitaire des crues, rend compte du d?ficit de drainage de la nappe par le cours d?eau. Les ondes de crues ponctuelles sensiblement synchrones des pr?cipitations efficaces apportent ?galement la preuve que la vall?e ne fonctionne plus que par la collecte du ruissellement (?coulement rapide et retard?). L??tude pi?zom?trique, effectu?e ? partir des puits villageois, corrobore ce d?ficit de drainage. Les fluctuations importantes du stock d?eau souterraine, font ?galement ?tat d?une fonctionnement saisonnier de la ressource en eau souterraine et donc d?une forte contrainte climatique des nappes. Cette contrainte se manifeste par la pr?pond?rance de la d?charge de la nappe au cours de la saison s?che, de sorte que la recharge pluviale, quoi que significative, ne profite plus, ? certaine profondeurs, ? l??coulement souterrain. Les observations faites dans le bassin de Ba?la, repr?sentatifs des zones margino-littorales du bassin de la Casamance, ont permis de caract?riser comme suit les transferts hydriques r?gissant l?hydrodynamique des nappes phr?atiques dans le bassin de la Casamance: - sous les terrasses marines, o? la profondeur de nappe est faible, la surface pi?zom?trique est anim?e d?un mouvement p?riodique, saisonnier, traduisant la succession (au cours de l?ann?e) des processus de recharge et de d?charge: pendant l?hivernage, la nappe se recharge sur pr?s de cinq m?tres (en terme de variation du niveau statique) et au cours de la saison s?che, qui suit, elle se d?charge d?autant (parfois d?avantage). Ainsi, en terme d?apport d?eau nouvelle, la nappe se recharge mais demeure en l??tat (ou se d?charge) en terme de bilan. La recharge pluviale compense assez bien la d?charge ?vapotranspiratoire s?che et le bilan hydrologique des la nappe s??quilibre d?une mani?re g?n?ral; - sous le plateau, o? la nappe est plus profonde, les chronogrammes du niveau statique se traduisent par une tendance ? la baisse. A cette profondeur, l?infiltration saisonni?re atteint difficilement la nappe qui alimente par exfiltration les horizons sus-jacents et se d?charge. Il s?en d?gage une tendance bien nette ? la l??puisement de la ressource bien amorc?e depuis les ann?es 1970, date de l?effondre pluviom?trique qui se poursuit de nos jours. Cette tendance est d?autant mieux d?finie que l?on se d?place vers la zone de plateau o? la baisse du niveau statique est de l?ordre de 20 ? 50 cm par an. Ainsi les principaux mouvements (fluctuations saisonni?res et baisse annuelle de la nappe) rel?vent des transferts hydriques verticaux, devenus pr?pond?rants, dans le contexte climatique actuel de la Basse Casamance. Cette contrainte climatique des nappes d?eau souterraine explique le d?ficit d??coulement des marigots qui ne drainent plus que le ruissellement lors des pr?cipitations efficaces (pendant la p?riode humide) et qui deviennent des vall?es s?ches dans les biefs continentaux ou des rias dans les biefs maritimes en dehors de la saison pluvieuse. L?explication d?une telle contrainte climatique des nappes s?explique, cependant difficilement au-dessus de l?isohy?te 1000 mm de moyenne pluviom?trique annuelle. La baisse pluviom?trique, qui fixe l?attention des observateurs, ne saurait suffir, ? elle seule. L?irr?gularit? intra et inter-saisonni?re des pr?cipitations ainsi que la r?duction, d?ann?e en ann?e, de la dur?e de la saison des pluies y joueraient, sans aucun doute, un r?le d?terminant. Ils constitueraient comme l?ont bien d?montr? Casanave et Valentin (1989) le principal probl?me de toute l?Afrique sah?lienne.

Liste des figures
Fig. 1. Site de l??tude: position g?ographique; hydrographie; points d?observation. Fig. 1. Stady area: geographic position, hydrography, observation points. Fig. 2. contexte g?ologique et g?omorphologique de la Casamance. Fig. 2: Casamance geological and gemorphological situation. Fig. 3. Hydrogramme du marigot de Ba?la ? Toukara. Fig. 3. Ba?la marigot hydrogram at Toukara station. Fig. 4. Profil topographique et pi?zom?trique dans le secteur de Balandine: Fig. 4. Topographic and piezometric profile in Balandine zone. Fig. 5. Morphologie de la nappe phr?atique dans le bassin de Ba?la Fig. 5. Piezometric surface morphology in Ba?la basin Fig. 6. variation du niveau de l?eau souterraine: (a) variations journali?res; (b) variations saisonni?res; (c) variations annuelles Fig. 6.grown warter level table: (a) dayly oscilations. (b) seasonal oscilations; . (c) yearly long term chronic



Note: REFERENCES
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CASANAVE, A. & VALENTIN, C. (1989). Les ?tats de surface de la zone sah?lienne: influence sur l?infiltration. ORSTOM, Paris, 229 p.
GALLAIRE, R. (1980). Etude hydrologique du marigot de Ba?la: campagne 1979 - 1980. ORSTOM, Dakar, 104 p.
MALOU, R. (1992). Etude des aquif?res superficiels en Basse Casamance: un mod?le de bilan hydrique. Th?se de doctorat de troisi?me cycle, Universit? Cheikh Anta Diop, Dakar, 113 p.
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